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Semences Biologiques,
libres de droits
et reproductibles

Maryse et Fred

Producteurs multiplicateurs de semences en Saône-et-Loire

La belle bâtisse de pisé du Sud de la Saône-et-Loire, entièrement rénovée par Maryse et Fred, semble tout à fait s’intégrer dans le paysage du sud de la Bourgogne, avec ses pelouses verdoyantes et son allure ancienne. Ce plateau collinaire est réputé depuis longtemps pour être une zone d’élevage. « On a, nous aussi, longtemps profité de ce microclimat arrosé pour élever des vaches Normandes classées “trop grasses” à cause de la qualité de l’herbe », rit Fred, en regardant ses trois hectares de prairie maintenant destinés aux vaches Aubrac du voisin. « Par contre, nos vaches n’ont jamais mangé une graine. Les graines, c’était pour Kokopelli », continue Maryse en lui souriant.

C’est dans cette atmosphère joyeuse que nous découvrons l’intérieur de leur demeure. Des cloisons de terre, une isolation du soubassement en liège, une bibliothèque en bois au design ondulé ; tout cela entouré de murs de terre, une belle terre de couleur claire, sans aucun pigment. « Pour rénover la maison, je n’ai pas eu à aller chercher bien loin. La glaise se situe à 30 cm sous terre, partout autour de la maison. On trouve même des veines d’argile verte. Par contre, si tous les auto-constructeurs nous envient, les agriculteurs, eux, nous plaignent. Personne ne fait de maraîchage dans le coin. Combien de fois ai-je du aller chercher le voisin pour qu’il m’aide à sortir le tracteur enlisé ? »

Cette hydromorphie assez spectaculaire, responsable du pourrissement des racines, a demandé à Maryse et Fred une grande connaissance de leurs 6000 m2. Ils n’ont pas pu appliquer à la lettre tout ce qu’ils avaient appris de passionnant auprès de l’agroécologiste Pierre Rabhi, des microbiologistes du sol Claude et Lydia Bourguignon et des autres formateurs de l’ancienne école Agrobiologique de Beaujeu créée par Suzanne et Victor Michon. « Aucune méthode ne pouvait s’adapter à notre situation particulière. On avait bien pratiqué la traction animale, dans la ferme de l’école, où on a travaillé un an. On a commencé à l’appliquer chez nous avec une jument de trait comtoise et on a remarqué que nos plantes poussaient d’un coup. Seulement l’hiver, Gamine nous ravageait un hectare en broutant et un autre avec ses pattes. On a fait pas mal d’autres tests ; on a aussi passé le cultivateur pendant la période de plantation recommandée alors que la terre était saturée d’eau. Mais ici, apparemment le sol n’est prêt à être travaillé que quand il parvient à sécher. »

 

 

Après 20 ans de production, Fred et Maryse peuvent enfin parler d’équilibre. Ils savent à quel moment et comment travailler le sol et leurs incroyables productions attestent de cette harmonie. Les allées d’agastache, de cosmos et d’hibiscus côtoient celles d’ipomée, de nigelle et de pavot. Sans parler des laitues sous couvert dont Fred, sur la pointe des pieds, attache le sommet aux supports de culture et du buisson de radis “Violet de Gournay” dans lequel ils se faufilent tous deux pour la récolte des semences. 

2017 était l’année de la rotation de la parcelle cultivée avec la prairie qui a enrichi le sol pendant quatre ans. « Cette année a été parfaite, il n’a pas trop plu, on a pu passer le cultivateur plusieurs fois entre février et avril, un mois plus tôt que d’habitude. Je m’étais même préparé à récolter trois fois plus de semences de melon ”Cantaloup” et à me régaler dès début juillet », explique Maryse. Sauf qu’une fois de plus, le climat a en voulu autrement. Dans les premiers jours de juillet, le voisin a vu pour la première fois en 90 ans une tempête de grêle chargeant à l’horizontale et d’une telle intensité que les murs de terre en restent marqués d’impacts.

Depuis, le sorgho “Black Amber Cane” se redresse progressivement mais certaines cucurbitacées aux feuilles criblées peinent à continuer. Fred essaie encore d’appliquer des pansements d’argile sur les plus grosses plaies mais il s’est décidé à récolter les plus abîmés pour sauver une partie de la semence. L’ancienne bergerie, maintenant aménagée et réservée au tri et au séchage, raisonne déjà au son de la scie plongeant jusqu’au coeur des courgettes “Nimba”. 

Heureusement, ce n’est pas ça qui va empêcher Maryse et Fred de rire aux éclats et de continuer de réfléchir à des améliorations. Cette année, ils ont testé la plantation sur bâche, posée directement sur l’herbe tondue, pour mieux gérer la “panic”. Ces plantes herbacées ou ligneuses peuvent atteindre 20 à 40 cm et créent une véritable “panique” dans le jardin. En se promenant sur les allées longeant le “tapis persan” (Zinnia), on se fait régulièrement doubler par la tondeuse autoportée qui coupe le futur mulch frais des maïs “Arc en Ciel”. Encore une nouvelle technique en expérimentation cette année. « Dans une volonté d’autonomie, on a commencé en polyculture élevage. On mangeait notre beurre, notre crème, on avait nos vaches, nos moutons, nos volailles et nos légumes… On n’achetait que les céréales et l’huile, rit Maryse. Fred était tondeur de moutons et bûcheron. Avec la maison à rénover, ça faisait beaucoup. Depuis 2014, on s’est recentré uniquement sur la semence. » 

Des étoiles s’illuminent dans les yeux de Maryse quand elle parle du fameux voyage en Inde qui lui a révélé qu’il fallait qu’elle travaille la terre. Après six mois de formation à l’école d’Agroécologie, elle a appris la production semencière auprès de Pascal et Véronique Naudin, aujourd’hui dirigeants d’Essem’bio. « Depuis quelques années, nous cherchons à notre tour à proposer des journées de formation et accueillir des stagiaires. Avec la passion, la transmission se fait naturellement. » C’est vrai que lorsqu’on voit les merveilles qui prospèrent sur ce sol, où, d’après les analyses des laboratoires, seule l’herbe peut parvenir à pousser, cela donne vraiment envie de rester pour découvrir toutes les techniques de ces passionnés de la semence. 

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