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Une apiculture alternative

Maurice Chaudière Maurice Chaudière

Présentation

Maurice Chaudière, il est vrai, ne fait pas partie de l'équipe de permanents de l'Association Kokopelli mais nous ne pourrions clôre un chapître des activités de Kokopelli sans promouvoir de nouveau les travaux de cet homme qui toucha nos coeurs depuis le moment où nous le rencontrâmes au coeur de l'Ardèche, dans son petit microscosme végétal et animal.

De plus, si nous avions besoin d'un autre prétexte pour présenter Maurice, il nous suffirait de dire que point d'abeilles, point de fruits et point de semences.

A 87 ans, Maurice ne manque pas d'allant et nous ne pouvons que lui souhaiter encore une plus longue vie pour que ses nombreux talents puissent fructifier. Son secret : joie de vivre, pollen frais et gelée royale ! Maurice nous a suivis en Inde du sud pendant un mois et il prodigua de nombreux cours sur la greffe et l'apiculture alternative. Le jour où je découvris son âge respectable, je réduisis grandement la vitesse de la moto sur le siège arrière de laquelle je l'avais transporté jusque là sans trop de ménagements ! Les chemins de l'Inde rurale sont parfois cabosseux et semés d'embûches : une vache peut cacher un train et réciproquement.

Maurice est un sculpteur, un poète, un pédagogue, un greffeur, un apiculteur, un éleveur, un jardinier... A une époque où le Da Vinci code envahit les étagères de nos librairies, (pour faire rêver le peuple ou pour le préparer à une grande révélation?) nous serions enclins à percevoir en Maurice une expression magnifique et fertile de cette énergie Da Vinci qui se serait focalisée sur la gestion des ressources naturelles.

Son charme vénusien est tel que les abeilles s'y sont laissé prendre : cela fait près de 70 années qu'elles le suivent dociles dans ses aventures apicoles ! Maurice est peu souvent à la ruche ! Il est invité partout et la planète est sa maison : Mexique, Inde, Italie, Espagne, Québec, Caraïbes.... Si vous souhaitez le contacter, écrivez-lui car son répondeur téléphonique est toujours surchargé de messages. Ou bien, laissez le message à l'abeille : qui mieux qu'elle a perçu, depuis l'aube des temps, la constellation Da Vinci?

Une ruche en terre au moteur de soleil

Lorsqu’une colonie d’abeilles s’est établie dans une ruche en forme de cloche, le couvain s’y trouve protégé du froid par une coiffe de miel répartie sur l’ensemble des rayons. Cette provision de nectar ou de miel constitue un volant thermique qui assure la régulation de la température nécessaire à l’incubation du couvain. Si on culbute cette ruche, on expose le couvain à un refroidissement de sa masse. Les abeilles s’empressent alors de le recouvrir.

Maurice Chaudière

Après avoir posé une grille à reine sur l’orifice béant de la ruche culbutée, on la recouvre de la hausse-four solaire.

Les abeilles vont traverser la grille et construire leurs rayons de cire sous la voûte de la hausse : elles s’empressent de reconstituer la réserve de miel nécessaire au réchauffement du couvain.

Un passage aura été ménagé entre le grille à reine et la hausse (par l’interposition d’une petite cale) pour la circulation des butineuses. Lorsque la hausse est pleine de miel operculé, on la décolle de la grille et on la renverse. Il suffit alors de la couvrir d’une vitre légèrement soulevée par une cale et de l’exposer au soleil pour que, sous l’effet d’une brusque élévation de la température, les abeilles désertent la hausse.

La cale retirée, la vitre s’insère dans la gorge prévue à cet effet et la hausse devient un four solaire. On opère par beau temps et en plein midi. Le miel fluidifié par la chaleur va s’écouler par l’évent central dans la jarre sur laquelle on aura posé la hausse. Les rayons finiront par fondre à leur tour et la cire viendra se figer au dessus du miel aussitôt passée à l’ombre.

La souche remise sur sa base aura repris sa position initiale. Un deuxième culbutage pourrait se faire su une autre miellée s’avérait abondante. Le miel ainsi récolté, qui n’aura eu aucun contact avec un corps étranger à cette ruche de grès, sinon celui du récipient qui l’aura reçu, est d’une propreté parfaite. Il n’a nul besoin d’être filtré ou écumé. On peut pousser le raffinement jusqu’à le recevoir dans un pot de terre cuite imperméabilisée à la cire d’abeille. Le miel sera ainsi passé d’un emballage de cire à un autre emballage de cire en un temps record. Ayant perdu un peu de sa teneur en eau au cours de l’opération, il restera longtemps fluide et tardera à cristalliser. Analysé par un laboratoire spécialisé de Nice, le miel récolté dans ces conditions a été estimé ”non chauffé”, avec un taux d’HMF inférieur à celui autorisé par la loi.

Traitement naturel de la varroase avec la ruche “Extensible” de Maurice

L'Extensible, qui permet de développer le volume de la ruche en lui donnant à construire juqu'à 21 rayons, permet aussi d'en réduire le nombre, ce qui, en pareil cas, oblige une colonie en pleine expansion à essaimer. L'intervention est d'autant plus aisée que la ruche n'a pas de caisse et que les cadres dits en “bâtisses chaudes” sont perpendiculaires à l'axe de vol de la colonie. J'opère pour cela en début de printemps, dès l'apparition des mâles. Il suffit donc de prélever de part et d'autre du nid à couvain les cadres de rive pourvus habituellement de miel. Ces cadres peuvent être récoltés ou donnés, pour les renforcer à des colonies moins dynamiques.

Ruche Extensible

La colonie ainsi confinée dans un réduit trop étroit, car il s'agit bien de ne pas remplacer les cadres prélevés par des cadres vides, va aussitôt préparer un essaimage. L'ensemble du corps de ruche initialement situé au bord de son portique métallique, disons ouvert au sud, sera déplacé en le faisant glisser sur ses rails jusqu'à le faire buter en bout de piste à l'arrière du portique. Des cadres vides à peine amorcés de cire gaufrée seront placés entre la porte de la colonie et la position initiale de l'entrée. On pourra y intercaler un cadre entièrement armé de cire gaufrée en cellules de mâles. L'ensemble de la ruche se composera alors de tous les éléments de “l'extensible”, c'est à dire en l'occurence : 8 cadres de couvain et de pollen, entre porte et cloison, et 12 cadres non construits précédés d'une porte... soit en tout les 23 éléments que peut comporter “l'extensible”.

Si les ailes de la reine ont été légèrement rognées, l'année précédente dès le controle de sa fécondation, l'essaim se retrouvera posé à quelques mètres de la souche. Dans le cas où la reine n'aurait pas été antérieurement identifiée, l'essaim risquerait d'échapper à l'apiculteur. Pour éviter cette perte, il aura suffi d'intercaler entre la nouvelle porte et les cadres vides une grille à reine verticale. On trouvera alors l'essaim dans ce sas d'entrée, installé sur les nouvaux cadres. La porte de la souche momentanément orpheline sera, aussitôt contrôlé l'essaimage, permutée avec sa cloison. Ses abeilles auront donc leur entrée au nord.

On dit qu'un essaim naturel transporte peu de varroas. Mais pour être sûr d'en éliminer le maximum, on peut isoler la reine pondeuse sur un seul cadre à l'arrière de sa section en interposant entre ce cadre et le reste de la grappe une grille à reine verticale. Au moment de l'operculation de son premier couvain, les varroas en phase de phorésie sur l'ensemble de l'essaim, se fixeront sur ce seul cadre. Il sera détruit, la grille enlevée et la reine libérée.

Quant à la souche, subitement privée de butineuses, elle détruira son couvain mâle, ce qui éliminera déjà un certain nombre de varroas. Elle aura amorcé un élevage royal naturel, car la reine aura pondu avant l'essaimage dans des cupules royales. On récolte à cette occasion toutes les cellules royales à l'exception d'une seule, sélectionnée parmi les mieux formées. Le cadre où elle se trouve sera placé près de l'entrée, derrière un cadre de pollen ou de miel. Il sera séparé des autres cadres par une grille à reine verticale. La jeune reine qui naîtra pourra ainsi sortir, être fécondée et commencer sa ponte sur ce seul cadre. Il sera alors facile de la repérer, de la marquer et de rogner un peu ses ailes. Quand ce premier couvain sera operculé, il sera détruit, la grille à reine enlevée et la jeune reine libérée.

On aura ainsi provoqué et contrôlé l'essaimage, détruit les varroas en deux temps et obtenu une ruche à deux reines. Cette double population pourra recevoir deux hausses “Dadant” ou davantage si la miellée est abondante.

Les avantages de la méthode sont nombreux : on a éliminé les varroas, on a récolté de la gelée royale, on a provoqué et contrôlé l'essaimage, on a renouvelé la moitié des cires, on a procédé à un élevage naturel de reines, on a conduit une ruche à deux reines, on a doublé le volume du couvain et on a augmenté d'autant la récolte. De plus, aucun produit toxique n'est entré dans la ruche.

Atelier animé les 11 et 12 juillet 2015 au Mas d'Azil en Ariège, 25 places disponibles (0 restantes)

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